Le début de saison en montagne

 

Nous avons tous rêvé de truite et de rivière sauvage en cette période de fermeture et la réalité arrive enfin. Comme chaque pêcheur de truite, nous sommes impatients de retrouver notre rivière et les joies que nous procurent notre présence au bord de l’eau. L’ouverture, grande cérémonie de ce début d’année, est là pour inaugurer le début de notre saison de pêche. Il y a quand même six mois que nous n’avons pas eu une canne en mains et il est temps de retourner à assouvir notre passion.
Les conditions de pêche du début de saison sont bien particulières ; c’est pour cela que nous allons nous remettre en tête quelques éléments importants. Tout d’abord, nos chères mouchetées sortent d’une dure période d’hiver et de reproduction, elles sont donc fatiguées et amaigries. Cela aura un impact direct sur les postes qu’elles occuperont dans la rivière. De plus, les eaux seront froides pour deux raisons : la première, sera l’influence des basses températures atmosphériques sur la température de l’eau et la deuxième, sera la fonte des neiges qui surviendra dès le réchauffement des températures extérieures. Tout ceci poussera la truite à rester près du fond. En effet, cette dernière étant affaiblie, elle ne pourra pas se nourrir dans les eaux hautes et fortes mais préfèrera les postes calmes et abrités du courant. Nous devons alors pêcher avec une plombée groupée et assez lourde pour amener l’appât dans la gueule du poisson. Nous allons donc voir les différentes situations que nous pouvons rencontrer en régions montagneuses pour piéger la reine des eaux vives.

 

Là haut près des sommets.


Il n’y a qu’à prononcer le mot « montagnes » pour faire rêver plus d’un pêcheur de truites. Le seul fait de rencontrer des paysages magnifiques justifie à lui seul cette envie d’évasion. Notre partenaire de jeu y est très présente, possède une robe magnifique et est souvent moins éduquée qu’en rivière de plaine. En effet ces lieux, peu pêchés, reçoivent peu de visiteurs et encore moins en début de saison en raison de la difficulté que l’on a pour y accéder. Il faudra en effet attendre la fonte des neiges pour pouvoir se rendre sur les ruisseaux de moyenne montagne. La truite, qui a subi une longue période de froid où la nourriture a été très peu présente attend que des jours meilleurs arrivent pour pouvoir s’alimenter normalement. Au pêcheur de savoir saisir l’opportunité des phases alimentaires qui seront de plus en plus longue. Ces cours d’eau ont en général un débit important et possèdent des eaux souvent puissantes. Il nous faudra donc pêcher de préférence les secteurs calmes tels que les trous, les remous et tous les éléments qui pourront briser les caprices du courant. Une attention toute particulière devra être portée à la prospection des bordures, c’est à dire sous les berges et sous les rochers. Notre mouchetée, à l’abri de tout danger, attend en ce lieu qu’une proie passe à proximité d’elle pour s’en saisir. Mais attention, les eaux très froides à cette altitude, nous impose de pêcher très précisément pour que l’appât passe juste devant la gueule du poisson. Pour ce faire, nous emploierons une plombée lourde et groupée passant près du fond avec un premier plomb situé à 6/8 cm de l’hameçon. Il ne faudra pas hésiter à passer plusieurs fois sur un poste même si en ces lieux les truites s’emparent souvent vite de l’esche, ne voulant pas rater un apport nutritif conséquent. C’est pourquoi les appâts lourds seront de rigueur. Le vers sera l’un d’eux et incontestablement le meilleur par son rapport poids/apport énergétique. Au niveau matériel, un bas de ligne de 12 centièmes fera l’affaire. Pour ce qui est de la canne, un modèle type anglaise télescopique en 3m90 est parfait par son faible encombrement et sa bonne glisse. Les hameçons seront choisis en fonction de la taille des vers. Un dernier conseil cependant : écraser votre ardillon, les truitelles étant plus nombreuses que dans les vallées, cette action facilitera leur remise à l’eau.

 

Le torrent des vallées encaissées.


Ces vallées recueillent l’eau des ruisseaux des montagnes alentours pour former des torrents. Ils ont un débit assez important toute l’année, cela sera d’autant plus vrai en ce début de saison car nous aurons à faire à de forts courants dus à la fonte des neiges. Pour mettre toutes les chances de notre côté, le moindre poste d’eau calme devra être prospecté. Les cassures de courant formées par les rochers ainsi que les bordures seront les plus intéressantes à pêcher. Ces torrents sont composés d’une multitude de petits coups qu’il est important de passer au peigne fin. Beaucoup de pêcheurs oublient de passer sous une roche qui est responsable d’une petite chute. La chute d’eau semble un poste mouvementé mais derrière celle-ci se trouve une zone calme qu’il est bon de connaître. Ici, une plombée plus groupée qu’en altitude s’impose, le débit étant plus important. Le plomb de tête sera encore placé à 6/8 cm de l’hameçon qui sera complété par 3 ou 4 cendrés de plus gros diamètre. L’appât devra toujours passer près du fond et être amené comme sur un plateau à dame Fario. Pour cela nous emploierons encore des esches lourdes comme les vers ou les teignes de grosses tailles. Il n’est pas toujours aisé de se dissimuler dans ces torrents, surtout quand les feuilles n’ont pas encore poussé.

retour au sommaire des articles article précédent article suivant